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Jean Ferrat et Aragon – Que serais je sans toi ? / Prologue

Parce qu’Aragon, c’est mon premier amour en poésie, histoire surréaliste cachée au milieu des feuillets d’un livre de français. Et parce que ce monsieur savait lui rendre hommage.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre.

Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant.

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines.

Et j’ai vu désormais le monde à ta façon.

J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.

Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.

J’ai tout appris de toi jusqu’au sens de frisson.

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.

Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu

Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne.

Tu m’as pris par la main, dans cet enfer moderne

Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux.

Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.

N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue

Une corde brisée aux doigts du guitariste

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.

Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.

Terre, terre, voici ses rades inconnues.

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Je ne sais ce qui me possède

Et me pousse à dire à voix haute

Ni pour la pitié ni pour l’aide

Ni comme on avouerait ses fautes

Ce qui m’habite et qui m’obsède

Celui qui chante se torture

Quels cris en moi quel animal

Je tue ou quelle créature

Au nom du bien au nom du mal

Seuls le savent ceux qui se turent

Machado dort à Collioure

Trois pas suffirent hors d’Espagne

Que le ciel pour lui se fît lourd

Il s’assit dans cette campagne

Et ferma les yeux pour toujours

Au-dessus des eaux et des plaines

Au-dessus des toits des collines

Un plain-chant monte à gorge pleine

Est-ce vers l’étoile Hölderlin

Est-ce vers l’étoile Verlaine

Marlowe il te faut la taverne

Non pour Faust mais pour y mourir

Entre les tueurs qui te cernent

De leurs poignards et de leurs rires

A la lueur d’une lanterne

Étoiles poussières de flammes

En août qui tombez sur le sol

Tout le ciel cette nuit proclame

L’hécatombe des rossignols

Mais que sait l’univers du drame

La souffrance enfante les songes

Comme une ruche ses abeilles

L’homme crie où son fer le ronge

Et sa plaie engendre un soleil

Plus beau que les anciens mensonges

Je ne sais ce qui me possède

Et me pousse à dire à voix haute

Ni pour la pitié ni pour l’aide

Ni comme on avouerait ses fautes

Ce qui m’habite et qui m’obsède

Rédigé par Ellga

14 mars 2010 à 9:01

Murphy and Me

Mais…mais? Ne serait ce pas un debut de journée placé sous le joug de la Loi de Murphy? Enfin, le retour dans le sud devraient faire oublier cela. Murphy, you’ll never win ( ne pas trop faire la maline ou le train va se retrouver bloqué par une vache suicidaire). Non Murphy, tu ferais pas ça quand même? Ça ne te dit pas d aller voir quelqu’un d’ autre, je suis sûre qu ici bas tu manques a une personne qui trouve sa vie trop monotone . Va, je ne te hais point ( et surtout ne te retourne pas)

Les meilleures lois de Murphy (Lien Evene)

  • Lorsque vous portez une paire de bottes, vous ne vous heurtez jamais à un meuble. Mais si vous vous promenez nu-pieds, tout le mobilier se jette sur vous et vous frappe.
  • Tout corps plongé dans un liquide reçoit un coup de téléphone.
  • Plus les femmes sont belles, plus elles ont tendance à se foutre de nous, et plus on en redemande.
  • La puissance du ressort du grille-pain est proportionnelle à la taille de la cuisine.
  • Quand on fait des pâtes, il y en a toujours trop.
  • Plus la part de gâteau est belle, plus elle a de chance de tomber de travers dans l’assiette au moment de la servir.
  • Dans un frigo, ce dont vous avez besoin tous les jours migre systématiquement vers le fond.
  • Un four cuit toujours trop ou pas assez. Un micro-onde fait même les deux à la fois.

Rédigé par Ellga

4 mars 2010 à 9:12

Allégeance – René Char

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L’espace qu’il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l’espoir et léger l’éconduit.
Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma solitude est son trésor.
Dans le grand méridien où s’inscrit son essor,

Ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus; qui au juste l’aima
Et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas?

(Pour aller plus loin, l’éclairante explication de texte de Claudia Lucia)

Rédigé par Ellga

1 mars 2010 à 2:14

Je suis dans la clarte – Nazïm Hikmet


Je suis dans la clarté qui s’avance
Mes mains sont toutes pleines de désir
Le monde est beau
Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres
Les arbres si verts, les arbres si pleins d’espoir
Un sentier s’en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie
Je ne sens pas l’odeur des médicaments
Les oeillets ont dû s’ouvrir quelque part
Être captif, là n’est pas la question
Il s’agit de ne pas se rendre
Voilà.

Rédigé par Ellga

26 février 2010 à 12:57

Wende Snijder – Je Suis Comme Je Suis (reprise du poeme de Prevert)

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L’un des plus beau poème dédié aux femmes. Très belle interprétation.

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J’aime celui qui m’aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n’est pas le même
Que j’aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais

Qu’est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m’est arrivé
Oui j’ai aimé quelqu’un
Oui quelqu’un m’a aimée
Comme les enfants qui s’aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer…
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n’y puis rien changer.

Rédigé par Ellga

23 février 2010 à 4:48

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